Neuf kilomètres sur dix de voirie interdite aux poids lourds n’existent pas dans OpenStreetMap

kilomètres de voirie française placés sous arrêté d’interdiction de tonnage, confrontés mètre par mètre à la carte que la plupart des GPS utilisent. Mesure du .

des kilomètres réglementés ne portent dans OpenStreetMap aucune restriction applicable aux poids lourds. des arrêtés n’y sont pas repris du tout — deux chiffres différents parce qu’ils comptent deux choses différentes, et le cas de Cassel plus bas montre pourquoi.
Rien dans OSM — Moins d’un dixième couvert — Partiellement couvert — Entièrement couvert —

Ce que cette carte montre, et ce qu’elle ne montre pas

Elle cartographie des arrêtés — des actes administratifs pris par des communes, des intercommunalités et des conseils départementaux, publiés en données ouvertes par le service DiaLog de l’État. Chaque tracé est une restriction de tonnage en vigueur.

La couleur indique le résultat d’une comparaison datée avec OpenStreetMap : l’arrêté trouve-t-il, à cet endroit, une restriction correspondante dans la carte ? Ce n’est pas un jugement sur la voie, et ce n’est pas une liste d’erreurs.

Le constat n’est pas « OpenStreetMap se trompe » mais « OpenStreetMap ne sait pas ». Les désaccords de valeur se comptent en dizaines ; les kilomètres sans rien, en milliers.

Un cas qui explique tout le reste : Cassel

L’arrêté « Traversée de Cassel interdite aux véhicules… » régit 43,6 kilomètres de voirie. OpenStreetMap porte bien une restriction de tonnage sur cette emprise — sur 0,7 % de sa longueur.

Question poséeRéponseJuste ?
Cet arrêté est-il repris dans OpenStreetMap ? Oui, une restriction existeoui
Quelle part de son emprise est reprise ? 0,7 % — 99,3 % ne l’est pasoui

Aucun des deux verdicts n’est faux. Ils répondent à deux questions différentes, et c’est pourquoi compter les arrêtés et compter les kilomètres ne peut pas donner le même chiffre. Un conducteur de poids lourd, lui, ne roule pas sur des arrêtés : il roule sur les 43,3 kilomètres où rien n’est écrit.

La lacune n’est pas locale

On pourrait croire à un défaut de couverture régional. La mesure dit le contraire : sur un groupe témoin indépendant — des voies faisant l’objet d’un arrêté pour un tout autre motif — 90 % n’ont aucune voie porteuse d’un tonnage à moins de 100 mètres. La rareté du tonnage est une propriété générale de la carte, pas une particularité des endroits mesurés.

Comment le chiffre a été obtenu

UnitéLe mètre de chaussée sous arrêté, dédupliqué : une portion visée par deux arrêtés compte une fois. L’unité a été choisie et écrite avant d’exécuter la mesure, parce qu’un arrêté régit de 10 m à 52,7 km et que le 1 % le plus long porte 22,4 % du linéaire — compter des actes et compter des kilomètres ne peut pas donner le même chiffre.
PérimètreLes arrêtés d’interdiction de circuler géolocalisés du flux DiaLog. Le périmètre est déclaré, jamais déduit de l’extrait OpenStreetMap : celui-ci en couvre , et le défaut est publié plutôt que retranché du dénominateur.
MéthodeChaque emprise est rééchantillonnée tous les mètres — ce qui neutralise la densité de numérisation — puis chaque point est apparié à une voie carrossable portant une restriction, sous mètres et à moins de degrés d’écart de direction. Instantané OpenStreetMap du .
Vérification140 points tirés au hasard uniformément en longueur, classés à l’aveugle par cinq vérificateurs indépendants interrogeant OpenStreetMap eux-mêmes, sans connaître le résultat attendu. Leur estimation — 91,4 % — concorde avec la mesure à 1,9 point près, pour un intervalle d’échantillonnage de ±5,0.
Ce que la vérification ne dit pasLes vérificateurs appliquent la même règle que le programme. Leur accord démontre que le calcul fait ce qui est écrit, pas que ce qui est écrit soit la bonne question. Deux attributions à 15 et 17 mètres ont été confirmées par l’humain comme par la machine, et disparaissent toutes deux si l’on resserre la tolérance à 10 mètres.

Vingt vérifications sans erreur bornent le risque d’une contamination systématique à environ 15 %. Elles ne le suppriment pas. La méthode complète, ses limites et ses trois biais résiduels sont documentés publiquement.

Pourquoi cela compte pour un conducteur de poids lourd

Un itinéraire calculé sur une carte qui ignore une interdiction y conduit le véhicule. Le conducteur découvre la restriction sur place, fait demi-tour quand c’est possible, et reste responsable de l’infraction quoi qu’ait dit l’appareil.

Ces arrêtés sont publics, gratuits et lisibles par une machine. Le rapprochement présenté ici a été fait en une journée.

Arrêtés : DiaLog / DGITM, Licence Ouverte 2.0 — data.gouv.fr. Comparaison et fond de carte : © les contributeurs OpenStreetMap, ODbL — tuiles OpenFreeMap © OpenMapTiles. Données de la mesure et outil de comparaison dans le dépôt du projet. La chaîne n’est pas encore rejouable de bout en bout : voir la réserve ci-dessus.